JO 2024 : Une athlète française soulève un débat sur le port du voile
L’athlète française Sounkamba Sylla, membre de l’équipe de France d’athlétisme, pourra participer à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, vendredi 26 juillet, sans voile mais en portant une casquette. Durant l’événement, les sportifs de la délégation française sont tenus à un principe de neutralité.
« Tu es sélectionnée aux JO, organisés dans ton pays, mais tu ne peux pas participer à la cérémonie d’ouverture parce que tu portes un foulard sur la tête. » C’est le message posté mardi 23 juillet sur Instagram par l’athlète française Sounkamba Sylla, qualifiée aux Jeux olympiques de Paris pour le relais 4 x 400 mètres. Sa publication était suivie d’un émoji (pictogramme) évocateur de clown, accompagné de la mention sarcastique : « Le pays de la liberté. » Cette sortie de la jeune femme de 26 ans, originaire de Laval (Mayenne), qui dispute ses premiers JO, a relancé le débat sur le voile islamique.
Sounkamba Sylla participera bien à la cérémonie d’ouverture des JO
En réaction, mercredi 24 juillet, le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), David Lappartient, a assumé. « L’équipe de France olympique (…) est astreinte au respect de la laïcité », a-t-il expliqué. « Peut-être que parfois cela n’est pas compréhensible car ce n’est pas le cas dans d’autres pays dans le monde, mais c’est ce qui fait notre ADN. Cela permet de respecter les croyances des uns et des autres. »
Une position partagée par la ministre des sports Amélie Oudéa-Castéra qui a ajouté : « Nous voulons que Sounkamba Sylla participe à la cérémonie d’ouverture. »
« Il lui a été proposé de porter une casquette lors du défilé, ce qu’elle a accepté », a détaillé le CNOSF. Un compromis trouvé après des échanges entre l’athlète, la Fédération française d’athlétisme, le ministère des sports et Berluti, l’équipementier des athlètes olympiques français.
« Nous avons finalement trouvé un accord afin que je puisse participer à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques », a confirmé l’athlète sur son compte Instagram. En juin, à Rome, lors des championnats d’Europe d’athlétisme, le même compromis avait été trouvé pour qu’elle puisse participer aux épreuves.
Une exception française
Durant ces Jeux olympiques à Paris, les athlètes français, considérés comme étant chargés d’une mission de service public, ne sont pas autorisés à manifester leurs convictions et opinions religieuses en compétition, à l’entraînement, ou lors des cérémonies d’ouverture et de clôture. « Lors des Jeux olympiques et paralympiques, le port de signes ou tenues à caractère religieux est proscrit pour les membres de l’équipe de France en application du principe de neutralité », a détaillé le ministère des sports dans une note de juin, qui rappelait la jurisprudence du Conseil d’État, la plus haute instance administrative française.
Cependant, cette décision ne concerne que les athlètes de la délégation française. En effet, l’autorité référente est le Comité international olympique (CIO), chargé de l’organisation de l’événement. Si l’article 50 de la Charte olympique dispose qu’« aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse, ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement politique », sur la question du voile islamique, le CIO ne manifeste pas d’opposition de principe à son port lors des épreuves. Il le considère comme un vêtement culturel et non cultuel.
Chaque fédération internationale fixe ses propres règles en matière de signes religieux, dans le respect des critères d’hygiène et de sécurité fixés par le CIO. Puis, chaque délégation nationale peut permettre ou non à ses athlètes de porter des signes religieux.

