L'Appel des Évêques Catholiques du Ghana contre l'Exploitation Minière Illégale : Une Lutte pour l'Environnement et la Justice
Lors de leur Assemblée plénière annuelle, tenue du 11 au 15 novembre au Centre de formation St-Jean-Paul II dans le diocèse d’Obuasi, les évêques catholiques du Ghana (GCBC) ont une fois de plus appelé à une mobilisation générale contre l’exploitation minière illégale, communément appelée galamsey. Dans une déclaration poignante, ils ont exhorté toutes les parties prenantes – gouvernement, communautés locales, leaders religieux et politiques – à jouer un rôle décisif pour mettre fin à cette pratique destructrice.
Les évêques n’ont pas mâché leurs mots en demandant au gouvernement dirigé par le président Nana Addo Akufo-Addo de renforcer l’application des lois et de garantir la responsabilisation des acteurs impliqués dans galamsey. « Personne ne devrait être au-dessus de la loi. Laissons le gouvernement diriger avec intégrité », ont-ils déclaré, tout en avertissant contre toute interférence politique dans les activités des organismes de régulation. Ils insistent sur la nécessité de transparence et de vigilance de la part de ces organismes pour sauvegarder l’environnement, rapporte Aciafrique.
« La corruption n’a pas sa place dans la protection de notre environnement », ont souligné les évêques, exigeant des mesures fermes contre les acteurs illégaux et un renforcement des institutions de régulation.
Dans le cadre d’une responsabilité morale pour tous les chrétiens, les évêques les ont appelé à assumer leurs responsabilités morales en dénonçant l’exploitation minière illégale et ses conséquences néfastes. Ils ont encouragé les fidèles à rejeter les dons provenant de sources douteuses, notamment lorsque ceux-ci proviennent de profits issus de pratiques minières irresponsables.
« Les dons provenant de sources douteuses doivent être rejetés. Si un donateur est clairement impliqué dans l’exploitation minière illégale, ses contributions doivent être refusées », ont-ils déclaré avec fermeté.
Les membres de la GCBC ont également averti les catholiques impliqués dans ces activités qu’ils risquent des sanctions ecclésiastiques en vertu du droit canon. Ils appellent tous les croyants, chrétiens comme musulmans, à rester fidèles aux préceptes de leurs écrits sacrés – la Bible et le Coran – qui prônent la préservation de la création et le respect de l’environnement.
S'adressant aux leadders traditionnels et politiques, les évêques les ont exhorté à protéger leurs terres et à ne pas trahir leurs serments envers leurs communautés en tolérant ou en soutenant galamsey.
« Ne pas agir contre l’exploitation minière illégale est une trahison de vos serments sacrés envers le peuple », ont-ils averti.
En vue des élections générales prévues pour le 7 décembre, les évêques ont également appelé les candidats politiques à condamner publiquement cette pratique dans leurs campagnes. « Les politiciens doivent rejeter tout gain personnel ou politique provenant de cette activité destructrice », ont-ils affirmé.
S’adressant aux communautés locales, les évêques ont mis en garde contre les dangers de détruire l’environnement pour des gains économiques à court terme. « Détruire l’environnement n’est pas une solution au chômage. La destruction de votre environnement est une autodestruction », ont-ils déclaré, citant l’exhortation apostolique du pape François, Laudate Deum, publiée en 2023, sur la crise climatique.
Ils appellent chaque citoyen à adopter une citoyenneté écologique en prenant soin de l’environnement, insistant sur l’importance d’une gestion responsable des ressources naturelles pour le bien-être des générations futures.
Les évêques catholiques du Ghana ont conclu leur déclaration en réaffirmant leur engagement envers la justice écologique et en appelant à une synergie nationale pour éradiquer galamsey. Sous le thème de leur assemblée, “Année jubilaire : Un temps pour proclamer le Christ, l’espoir pour l’Église et le Ghana”, ils ont invité tous les acteurs de la société à collaborer pour protéger l’environnement, en tant que don sacré de Dieu.
Ce cri d’alarme des évêques du Ghana n’est pas seulement une dénonciation, mais un appel à l’action, à la responsabilité collective et à la solidarité face à une crise environnementale qui menace l’avenir du pays.

