Massacre à Maiba : un appel à la prière après la découverte de dizaines de corps

Les habitants d'un village du Nord-Kivu, en République Démocratique du Congo (RDC), ont lancé un appel à la prière après la découverte de dizaines de corps dans une église locale. Des sources locales, relayées par la fondation caritative catholique Aide à l'Église en détresse (AED), ont indiqué que les meurtres avaient eu lieu entre le 12 et le 15 février à Maiba, dans la région orientale du pays.

Selon un rapport publié le 21 février par l’AED, les rebelles d’un groupe terroriste islamiste, originaire d’Ouganda, ont envahi le village le 12 février et pris en otage une centaine de personnes. Trois jours plus tard, le 15 février, 70 corps ont été retrouvés dans une église protestante, plusieurs victimes ayant été ligotées, et certaines décapitées. Parmi les morts, il y avait des femmes, des enfants et des personnes âgées, rapporte l'Aciafrique.

La source, qui a préféré rester anonyme par crainte de représailles, a expliqué que ces personnes n’avaient probablement pas survécu à la marche forcée. En effet, les rebelles ont l'habitude de faire voyager leurs otages, les utilisant soit comme main-d'œuvre forcée, soit comme renforts pour leurs attaques. Les otages sont contraints de transporter les butins des villages pillés, et si l’un d’eux s'effondre en chemin, il est laissé pour mort. « C’est probablement ce qui est arrivé à ces 70 personnes », a précisé la source.

Les auteurs de ce massacre appartiennent au groupe islamiste armé des Forces Démocratiques Alliées (ADF), actif en RDC et en Ouganda depuis plus d'une décennie. Ils intensifient leurs attaques, notamment contre les villages isolés, semant la terreur parmi les civils congolais. Alors qu’ils se concentraient précédemment sur d'autres régions, ils ont désormais tourné leurs attaques vers Lubero.

Les habitants de Maiba vivent désormais dans une peur constante, persuadés que des complices locaux facilitent les opérations des terroristes. Ce massacre survient dans un contexte particulièrement tendu, alors que la situation humanitaire dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu se dégrade rapidement, en raison des attaques incessantes du groupe rebelle M23. Soutenu par le Rwanda et les forces armées congolaises, le M23 a pris de nombreuses villes et avant-postes, dont Goma et Bukavu, à la suite de violents affrontements.

Les autorités locales expriment leurs craintes que le M23 s'empare bientôt de Butembo, la deuxième ville du Nord-Kivu, après avoir envahi Goma et Bukavu. « Nous vivons des moments très difficiles, et la guerre est littéralement à notre porte », a déclaré une source locale. « Nous avons vu comment d'autres régions ont été envahies, et il semble que ce soit notre tour maintenant. »

Face à cette situation tragique, la communauté appelle à la prière pour soutenir les victimes et maintenir l'espoir au milieu de la terreur. « Prions. La prière est ce qui maintient notre espoir dans cette situation insoutenable », a conclu la source.