Simona Brambilla : Première femme à diriger un dicastère clé au Vatican
Le lundi 6 janvier 2025, le pape François a marqué une nouvelle étape dans l’histoire de l’Église catholique en nommant Simona Brambilla, 59 ans, préfète du Dicastère pour la vie consacrée et les sociétés de vie apostolique. Cette décision fait d’elle la première femme à prendre la tête d’un dicastère majeur du Vatican, chargé de superviser les ordres religieux, tant masculins que féminins, rapporte l'AIP.
Dans une déclaration empreinte de foi, Simona Brambilla a affirmé :
« Je demande au Seigneur la grâce d’ouvrir toujours plus nos cœurs pour recevoir cet encouragement et le laisser nous transformer en tant que personnes, en tant que communauté, en tant qu’Église et en tant qu’humanité. »
Un pas en avant pour les femmes dans l’Église
Cette nomination s’inscrit dans la volonté exprimée par le pape François de donner aux femmes une place plus importante dans les postes de responsabilité au sein de l’Église. Cependant, le rôle de Mme Brambilla sera partagé avec le cardinal Ángel Fernández Artime, nommé pro-réfet. Cette collaboration, bien que perçue comme un soutien, suscite des interrogations sur la répartition des responsabilités et l’autonomie réelle de la religieuse dans l’exercice de ses fonctions.
Selon des experts, ce choix est également guidé par des considérations théologiques : certaines fonctions sacramentelles, réservées aux hommes, justifient la présence d’un cardinal dans ce dicastère.
Le poids des femmes dans l’Église
Cette nomination reflète une réalité souvent méconnue : les femmes sont majoritaires au sein de l’Église catholique. Selon l’Annuaire statistique de l’Église 2022, les religieuses sont 47 % plus nombreuses que les prêtres, avec près de 600 000 moniales dans le monde.
Le docteur en sciences sociales Sol Prieto souligne l’importance de cette décision dans le contexte du processus de synodalité :
« Ce geste s’inscrit dans le moment de discussion et de dialogue que traverse l’Église catholique, un processus qui pourrait redéfinir le rôle des femmes dans les institutions religieuses. »
Originaire de Monza, en Italie, Simona Brambilla a commencé sa carrière comme infirmière avant de rejoindre l’Institut des Sœurs Missionnaires de la Consolata, qu’elle a dirigé pendant plus de dix ans. Son expérience en tant que missionnaire au Mozambique et sa connaissance des réalités de terrain confèrent à sa nomination une profondeur particulière.
Déjà numéro deux du dicastère depuis un peu plus d’un an, cette promotion est perçue comme une reconnaissance de ses compétences et un signal fort pour l’avenir des femmes dans les institutions catholiques.
En tant que préfète, Simona Brambilla occupera une position d’autorité clé, juste après le pape, sur les questions relatives à la vie consacrée. Cependant, comme le rappelle M. Prieto, les instituts de vie religieuse jouissent d’une autonomie importante, distincte de la structure hiérarchique du clergé séculier.
Cette avancée symbolique pourrait ouvrir la voie à d’autres nominations féminines et amorcer un changement durable dans la manière dont les femmes participent à la gouvernance de l’Église.
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