Un cardinal influent exhorte le Vatican à libérer les groupes charismatiques dans un nouveau livre
Le cardinal Marc Ouellet, figure influente sous les trois derniers pontificats, s'est retiré de la scène ecclésiastique après avoir atteint l'âge de la retraite de 80 ans. Cependant, il continue de jouer un rôle important dans la réflexion sur les défis auxquels l'Église catholique fait face, en particulier à travers son nouveau livre Parole, sacrement, charisme : risques et opportunités d'une Église synodale. Dans cet ouvrage, Ouellet met l’accent sur la nécessité de préserver l'héritage existant de l'Église plutôt que de chercher à créer de nouvelles structures.
Lors de la présentation de son livre, le 24 septembre 2024, près du Vatican, il a souligné que l'Église se trouve dans une phase cruciale d'écoute de l'Esprit Saint, notamment avec le synode sur la synodalité lancé par le pape François en 2021. Ce synode, qui a impliqué l'ensemble des membres de l'Église, a permis de discuter de questions controversées comme le rôle des femmes et l'inclusion des catholiques LGBTQ. Pourtant, les attentes de réformes radicales ont été tempérées, et l'attention se porte désormais sur la manière de devenir « une Église synodale en mission ».
Ouellet a exprimé sa préoccupation face à la division au sein de l'Église et aux résultats modestes des débats synodaux. Il appelle à un retour aux charismes, ces dons de l'Esprit Saint accordés à tous les catholiques baptisés. Son livre plaide pour la reconnaissance et la valorisation de ces charismes, souvent négligés dans la structure cléricale actuelle.
Le cardinal souligne que la rigidité du droit canonique peut étouffer ces charismes, et prône une plus grande flexibilité pour permettre à ces dons de s'épanouir, en particulier ceux liés au service et à la compassion. Il loue également l'approche du pape François, qui a permis aux laïcs, hommes et femmes, de prendre des rôles de pouvoir dans l'Église.
Ouellet, souvent perçu comme un candidat potentiel au pontificat, a soutenu les réformes de François tout en défendant des valeurs conservatrices comme le célibat des prêtres. Selon lui, le processus de réforme de l'Église est loin d'être terminé, et il reste essentiel d'écouter davantage les fidèles dans les années à venir.

